L'éducation aux Comores : défis, enjeux et solutions
Scolariser chaque enfant comorien, et lui offrir une éducation de qualité, reste un défi national. Cette page fait le point : où en est la scolarisation, pourquoi le préscolaire et l'accès à l'école dans les villages restent des enjeux, quelles initiatives existent et comment contribuer.
État de la scolarisation aux Comores
Les données publiées par la Banque mondiale à partir des statistiques de l'Institut de statistique de l'UNESCO montrent un accès à l'école primaire largement répandu, mais une progression plus fragile ensuite.
Concrètement, environ 21 700 enfants en âge d'être au primaire n'étaient pas scolarisés en 2024, et moins de trois élèves sur quatre achèvent le cycle primaire. Un taux brut compare l'ensemble des élèves inscrits, quel que soit leur âge, à la population de la tranche d'âge officielle : il peut donc masquer des retards et des abandons.
Les dépenses publiques d'éducation représentaient 2,3 % du PIB en 2023, soit environ 11 % des dépenses de l'État.
Les défis de l'éducation préscolaire
Avant l'école primaire, l'offre est beaucoup plus limitée : le taux brut de scolarisation préprimaire était de 21,8 % en 2018, dernière valeur publiée dans les bases internationales, contre 97 % au primaire en 2024.
Les premières années comptent pour l'éveil et l'entrée dans les apprentissages. La scolarisation préélémentaire figure d'ailleurs parmi les priorités du Pacte de partenariat conclu en 2023 entre l'Union des Comores et le Partenariat mondial pour l'éducation.
C'est le choix de la Maison des Enfants Lumières : accueillir les enfants dès la maternelle, à Dzahadjou, dans une pédagogie Montessori et nature.
Les inégalités territoriales d'accès à l'école
Les moyennes nationales ne disent pas la distance qui sépare un enfant de son école. Dans un village rural comme Dzahadjou, en Grande Comore, aucune école de proximité n'existait avant juillet 2022 : il fallait parcourir plusieurs kilomètres pour scolariser un enfant, et les filles étaient souvent maintenues à la maison.
L'arrivée d'une école dans le village change l'échelle : les effectifs sont passés de 14 à 86 élèves en trois ans, dont 37 % de filles, contre moins d'un tiers en 2022. Au niveau national, l'indice de parité filles-garçons au primaire est de 1 (dernière valeur publiée, 2018) : les moyennes nationales cachent des écarts locaux.
Les initiatives éducatives locales
Ouverte en juillet 2022 à Dzahadjou, la Maison des Enfants Lumières est une école pilote Montessori et nature : espaces d'apprentissage ouverts, pédagogie active adaptée aux réalités comoriennes, école pensée pour l'inclusion, parents associés à la vie scolaire. Elle accueille 86 élèves en 2025-2026 et a créé 8 emplois locaux.
Le projet régional Lumin'Îles, financé par l'Agence Française de Développement et mis en œuvre par Expertise France aux Comores, à Madagascar et à Maurice, associe l'association à son volet de garde d'enfants, en lien avec l'objectif d'une crèche à Dzahadjou.
À l'échelle du pays, l'État comorien s'appuie sur des plans sectoriels soutenus par des partenaires internationaux, comme le Plan de transition du secteur de l'éducation 2017-2020, appuyé par le Partenariat mondial pour l'éducation.
Comment soutenir les projets scolaires
Chaque contribution se traduit concrètement : 25 € financent un mois de scolarité et les repas du mois pour un enfant. Vous pouvez parrainer un enfant, faire un don ponctuel ou régulier, ou nous écrire pour donner du temps et des compétences.
Sources des chiffres
Indicateurs nationaux : Banque mondiale, à partir des données de l'Institut de statistique de l'UNESCO, consultés le 11 octobre 2026. Les chiffres locaux proviennent des pages Notre impact et Nos projets.